(…); il était également écrit qu’elle avait un appétit sexuel démesuré et qu’elle était chargé de cours à l’université de Montréal, (…). (Folle, p. 179-180).
jeudi 23 septembre 2010
Université McGill / McGill University
Je suis l’unique lien de mon père avec le cadavre de ma mère, moi, leur fille chérie suicidée mille fois par noyade dans le bain d’un appartement perdu au cœur de Montréal, moi tournée vers la fenêtre dont les rideaux se referment sur le campus de l’université McGill, (…). (Putain, p. 124).
I’m the only link between my father and the corpse of my mother, me, their cherished daughter who’s committed suicide a thousand times by drowning in the bathtub of an apartment lost in the heart of Montreal, me, turned toward the window whose curtains close on the campus of McGill University, (…). (Whore, p. 112).
I’m the only link between my father and the corpse of my mother, me, their cherished daughter who’s committed suicide a thousand times by drowning in the bathtub of an apartment lost in the heart of Montreal, me, turned toward the window whose curtains close on the campus of McGill University, (…). (Whore, p. 112).
Triangle des Bermudes
Le rappel du passé, le présent de la paraplégie et l’alcool : voilà ce qui constitue l’espace de ma vie, mon carré de sable, mon terrain de jeu. Mon Triangle des Bermudes où je m’enfonce joyeusement en me perdant de vue. C’est ça, être saoule. (Paradis, clef en main, p. 35-36).
Ses yeux verts agrandis par la surprise étaient fous, ils passaient de moi à ma poitrine nue, puis à Léon, puis encore à moi, à ma nudité, à Léon. Ses yeux n’en finissaient plus de nous voir, ils n’en avaient jamais assez de nous découvrir, moi, ma nudité et Léon, un triangle des Bermudes dans sa propre maison (…). (Paradis, clef en main, p. 131-132).
Ses yeux verts agrandis par la surprise étaient fous, ils passaient de moi à ma poitrine nue, puis à Léon, puis encore à moi, à ma nudité, à Léon. Ses yeux n’en finissaient plus de nous voir, ils n’en avaient jamais assez de nous découvrir, moi, ma nudité et Léon, un triangle des Bermudes dans sa propre maison (…). (Paradis, clef en main, p. 131-132).
Tokyo
(…), trop d’espace vide à combler, il y a la silhouette de la statue de sel de la Bible de mon père qui s’évanouit peu à peu dans le défilement des saisons, les étoiles mortes dont le feu de l’explosion ne nous parvient que trois millions d’années lumière plus tard, le fourmillement des Japonais à Tokyo, (…). (Putain, p. 44).
(…), too much empty space to fill in, there’s the figure of the pillar of salt in my father’s Bible, which diminishes bit by bit as the seasons pass, the dead stas whose exploding energy reaches us three million years later, the commotion of the Japanese in Tokyo, (…). (Whore, p. 37).
(…), too much empty space to fill in, there’s the figure of the pillar of salt in my father’s Bible, which diminishes bit by bit as the seasons pass, the dead stas whose exploding energy reaches us three million years later, the commotion of the Japanese in Tokyo, (…). (Whore, p. 37).
Terre
(…), l’homme de mes cours de catéchèse et de la bible de mon père, il me rappelle Moïse avec sa longue barbe blanche de vieux sage, debout dans ses sandales de cuir qui foulent le sable du désert et dans son air de tout savoir, sondant le ciel et la mer pour s’y frayer un chemin, debout dans sa dignité de patriache désigné par le doigt de Dieu, l’homme de toutes les vertus chargé de guider l’humanité vers la Terre promise, (…). (Putain, p. 111).
(…), Moïse réapparaît au sommet de sa montagne, les cheveux blancs soulevés par le vent, les bras ouverts pour recevoir les dix commandements, le peuple idolâtre et la Terre promise, (…). (Putain, p. 114).
Un jour mon grand-père m’a dit qu’au moment de la mort l’âme ne quittait pas toujours le corps instantanément parce que Dieu ne savait pas toujours qu’en faire, Dieu avait parfois besoin de temps pour délibérer avant de rendre son verdict, parfois il se heurtait à l’indécidable de la culpabilité des hommes dans le parcours de leur vie sur Terre. (Folle, p. 35-36).
Au milieu de nulle part, Scully et Mulder avaient dû admettre que la Terre portait un continent noir interdit aux hommes, (…). (Folle, p. 77).
Ils étaient à la tête des plus grandes découvertes de tous les temps qui par malheur tombaient toujours dans les mains d’un collègue de bureau au service du camp adverse, le camp des Menteurs, des Dissimulateurs, de ceux qui croyaient en la panique généralisée du monde entier et en l’anéantissement de tout ordre sur Terre devant la révélation de la vie venue d’ailleurs. (Folle, p. 88).
Scully et Mulder ne baisaient pas parce que, face à la vie extra-terrestre, la Terre leur paraissait trop petite, soudain elle devenait plate et reculée par rapport à ce qu’il fallait d’évolution pour être du côté des conquérants. (Folle, p. 88).
Pour ton père la Terre pourrait arrêter de tourner du jour au lendemain et endormir la France dans une nuit éternelle; au fond, ton père ressemblait à mon grand-père. (Folle, p. 173).
Aujourd’hui on a tort de ne plus croire aux tabous, des gens meurent tous les jours de les ignorer ou ils en deviennent fous; un jour on permettra aux hommes d’épouser leurs filles sous prétexte que l’amour est aveugle et ce jour-là, la Terre explosera. (Folle, p. 192).
Jamais le soleil n’avait paru plus près de la Terre qu’en ce jour-là. Il faisait même peur à voie, donnait l’impression de s’être agenouillé, prosterné sur le corps de Montréal en géant débile qui méconnaît sa force. (À ciel ouvert, p. 11).
Ce qui est bizarre, c’est que les gens ont l’impression que c’est le contraire, que sur la Terre il n’y a que des hommes. (À ciel ouvert, p. 78).
Et l’été de cet amour avait continué à battre son plein, à couler vers l’automne qui approchait, magnifique saison du retour vers un soleil raisonnable, moins acéré, un soleil qui s’installait, au fil des jours, dans une distance plus grande de la Terre, (…). (À ciel ouvert, p. 137).
Bientôt au nord de l’Amérique du Nord les saisons allaient disparaître en s’uniformisant, elles ne formeraient plus qu’un long magma de gris et d’humidité, de chaleur et de soleil sorti de son axe, déraillé de sa trajectoire et, qui sait, en route pour s’écraser sur la Terre. (À ciel ouvert, p. 161).
Ne manquaient plus que les créatures mutantes et le Gouvernement, la destruction annoncée de l’humanité et celle de la Terre, ne manquait plus qu’un œil fourré dans le sexe chargé de te tenir en joue, en garde à vue. (À ciel ouvert, p. 188).
Le soleil bas et imposant restait léger, discret, un ballon de lumière qui gardait ses distances, attaché à la Terre par un fil invisible. (À ciel ouvert, p. 219).
Sur Terre il était le premier, ou plutôt le deuxième après son propre père, à être en mesure de voir ce qu’il voyait. (À ciel ouvert, p. 235).
Mes jambes m’ont toujours sauvé la face, c’est vrai, mais ça, c’était avant mon épopée chez Paradis, clef en main et la paraplégie qui s’est ensuivie. Je détestais la vie et la longueur de toutes les jambes du monde mises bout à bout pour former une circonférence macabre autour de la Terre, n’y aurait rien changé. (Paradis, clef en main, p. 31).
(…), Moïse réapparaît au sommet de sa montagne, les cheveux blancs soulevés par le vent, les bras ouverts pour recevoir les dix commandements, le peuple idolâtre et la Terre promise, (…). (Putain, p. 114).
Un jour mon grand-père m’a dit qu’au moment de la mort l’âme ne quittait pas toujours le corps instantanément parce que Dieu ne savait pas toujours qu’en faire, Dieu avait parfois besoin de temps pour délibérer avant de rendre son verdict, parfois il se heurtait à l’indécidable de la culpabilité des hommes dans le parcours de leur vie sur Terre. (Folle, p. 35-36).
Au milieu de nulle part, Scully et Mulder avaient dû admettre que la Terre portait un continent noir interdit aux hommes, (…). (Folle, p. 77).
Ils étaient à la tête des plus grandes découvertes de tous les temps qui par malheur tombaient toujours dans les mains d’un collègue de bureau au service du camp adverse, le camp des Menteurs, des Dissimulateurs, de ceux qui croyaient en la panique généralisée du monde entier et en l’anéantissement de tout ordre sur Terre devant la révélation de la vie venue d’ailleurs. (Folle, p. 88).
Scully et Mulder ne baisaient pas parce que, face à la vie extra-terrestre, la Terre leur paraissait trop petite, soudain elle devenait plate et reculée par rapport à ce qu’il fallait d’évolution pour être du côté des conquérants. (Folle, p. 88).
Pour ton père la Terre pourrait arrêter de tourner du jour au lendemain et endormir la France dans une nuit éternelle; au fond, ton père ressemblait à mon grand-père. (Folle, p. 173).
Aujourd’hui on a tort de ne plus croire aux tabous, des gens meurent tous les jours de les ignorer ou ils en deviennent fous; un jour on permettra aux hommes d’épouser leurs filles sous prétexte que l’amour est aveugle et ce jour-là, la Terre explosera. (Folle, p. 192).
Jamais le soleil n’avait paru plus près de la Terre qu’en ce jour-là. Il faisait même peur à voie, donnait l’impression de s’être agenouillé, prosterné sur le corps de Montréal en géant débile qui méconnaît sa force. (À ciel ouvert, p. 11).
Ce qui est bizarre, c’est que les gens ont l’impression que c’est le contraire, que sur la Terre il n’y a que des hommes. (À ciel ouvert, p. 78).
Et l’été de cet amour avait continué à battre son plein, à couler vers l’automne qui approchait, magnifique saison du retour vers un soleil raisonnable, moins acéré, un soleil qui s’installait, au fil des jours, dans une distance plus grande de la Terre, (…). (À ciel ouvert, p. 137).
Bientôt au nord de l’Amérique du Nord les saisons allaient disparaître en s’uniformisant, elles ne formeraient plus qu’un long magma de gris et d’humidité, de chaleur et de soleil sorti de son axe, déraillé de sa trajectoire et, qui sait, en route pour s’écraser sur la Terre. (À ciel ouvert, p. 161).
Ne manquaient plus que les créatures mutantes et le Gouvernement, la destruction annoncée de l’humanité et celle de la Terre, ne manquait plus qu’un œil fourré dans le sexe chargé de te tenir en joue, en garde à vue. (À ciel ouvert, p. 188).
Le soleil bas et imposant restait léger, discret, un ballon de lumière qui gardait ses distances, attaché à la Terre par un fil invisible. (À ciel ouvert, p. 219).
Sur Terre il était le premier, ou plutôt le deuxième après son propre père, à être en mesure de voir ce qu’il voyait. (À ciel ouvert, p. 235).
Mes jambes m’ont toujours sauvé la face, c’est vrai, mais ça, c’était avant mon épopée chez Paradis, clef en main et la paraplégie qui s’est ensuivie. Je détestais la vie et la longueur de toutes les jambes du monde mises bout à bout pour former une circonférence macabre autour de la Terre, n’y aurait rien changé. (Paradis, clef en main, p. 31).
Tap Room
500, rue Rachel Est, Montréal (QC)
Julie se voyait simultanément en deux bars différents de la ville, l’Assommoir et le Tap Room, sans trop savoir lequel venait avant l’autre. (À ciel ouvert, p. 90).
Elle se souvenait de Rose et d’elle-même traînant main dans la main dans tous les coins du Tap Room pour contempler le miracle de sa majorité d’hommes, afflux au cœur de la nuit qui les avait réjouies et qui avait engendré chez elles une comédie lesbienne de longs baisers sur la bouche, (…). (À ciel ouvert, p. 92).
Rose se sentait séduite face à une Julie tout autant séduite, et pendant quelques heures ses prédictions lui parurent ridicules et délirantes, du moins jusqu’à l’arrivée de Charles, au Tap Room, (…). (À ciel ouvert, p. 122).
Julie se voyait simultanément en deux bars différents de la ville, l’Assommoir et le Tap Room, sans trop savoir lequel venait avant l’autre. (À ciel ouvert, p. 90).
Elle se souvenait de Rose et d’elle-même traînant main dans la main dans tous les coins du Tap Room pour contempler le miracle de sa majorité d’hommes, afflux au cœur de la nuit qui les avait réjouies et qui avait engendré chez elles une comédie lesbienne de longs baisers sur la bouche, (…). (À ciel ouvert, p. 92).
Rose se sentait séduite face à une Julie tout autant séduite, et pendant quelques heures ses prédictions lui parurent ridicules et délirantes, du moins jusqu’à l’arrivée de Charles, au Tap Room, (…). (À ciel ouvert, p. 122).
Sud
Et je n’ai plus le souvenir de ma vie d’avant, je ne peux plus m’imaginer autrement, j’ai désormais un titre, une place et une réputation, je suis une putain de haut calibre, très demandée, je peux aussi voyager dans les pays du Sud avec des Blancs qui s’envoient de l’air au visage avec des billets de banque, (…). (Putain, p. 56).
Elles trouvaient que je méritais l’amour parce que dans le passé j’avais eu tout sauf ça, j’avais eu de l’argent et du temps pour m’amuser, j’avais eu les voyages dans le Sud et le teint bronzé, les sorties au resto et les courses en taxi, un corps refait à neuf et un coiffeur attitré chez GLAM. (Folle, p. 43-44).
Souvent elle regardait le ciel comme pour voir défiler les formations d’oiseaux en partance vers les pays du Sud, les mains dans les poches, (…). (Folle, p. 117).
Elle ne lui souhaitait que du bien mais elle voulait que ce bien ait lieu ailleurs, elle voulait que ce bien ne lui parvienne que dans des nouvelles de loin en loin, comme une carte postale déposée dans sa boîte aux lettres, venue de quelque plage du Sud, écrite de la main d’une cousine. (À ciel ouvert, p. 139).
Elles trouvaient que je méritais l’amour parce que dans le passé j’avais eu tout sauf ça, j’avais eu de l’argent et du temps pour m’amuser, j’avais eu les voyages dans le Sud et le teint bronzé, les sorties au resto et les courses en taxi, un corps refait à neuf et un coiffeur attitré chez GLAM. (Folle, p. 43-44).
Souvent elle regardait le ciel comme pour voir défiler les formations d’oiseaux en partance vers les pays du Sud, les mains dans les poches, (…). (Folle, p. 117).
Elle ne lui souhaitait que du bien mais elle voulait que ce bien ait lieu ailleurs, elle voulait que ce bien ne lui parvienne que dans des nouvelles de loin en loin, comme une carte postale déposée dans sa boîte aux lettres, venue de quelque plage du Sud, écrite de la main d’une cousine. (À ciel ouvert, p. 139).
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